Le 30 juillet approche, et avec lui la Fête du Trône. Pour les équipes RH & Paie, chaque jour férié pose les mêmes questions : faut-il le payer ? Comment traiter un salarié journalier ? Que se passe-t-il si le férié tombe pendant un congé annuel ? Et, une fois la règle connue : où est-elle réellement appliquée dans le système de paie ?
Cette deuxième question est celle que l'on sous-estime. Un jour férié n'est pas une ligne de bulletin : c'est un référentiel qui décide, en silence, du nombre de jours travaillés du mois, de la proratisation, du solde de congés et de la lecture des feuilles de temps. Un calendrier faux ne produit pas une erreur visible — il produit une erreur systématique, tous les mois, sans alerte.
Ce guide reprend ce que dit la loi, article par article, puis montre comment un calendrier de jours fériés se paramètre proprement — y compris dans le cas, fréquent dans les centres d'appels, où une société suit un calendrier étranger.
Le calendrier légal des jours fériés au Maroc en 2026
La liste des jours de fêtes payés et jours fériés est fixée par le Décret n° 2-04-426 du 29 décembre 2004 (BO n° 5280 du 6 janvier 2005), pris en application des articles 217 à 230 du Code du travail (Loi n° 65-99). Elle distingue les fêtes civiles à date fixe et les fêtes religieuses à date mobile, calées sur le calendrier hégirien.
Jours fériés civils (date fixe chaque année)
| Date | Jour férié |
|---|---|
| 1er janvier | Nouvel An |
| 11 janvier | Manifeste de l'Indépendance |
| 14 janvier | Nouvel An Amazigh |
| 1er mai | Fête du Travail |
| 30 juillet | Fête du Trône |
| 14 août | Oued Ed-Dahab |
| 20 août | Révolution du Roi et du Peuple |
| 21 août | Fête de la Jeunesse |
| 6 novembre | Marche Verte |
| 18 novembre | Fête de l'Indépendance |
Jours fériés religieux 2026 (dates mobiles)
| Date estimée 2026 | Jour férié |
|---|---|
| 20-21 mars | Aïd Al Fitr |
| 27-28 mai | Aïd Al Adha |
| 17 juin | Jour de l'An Hégire |
| 26 août (à confirmer) | Aïd Al Mawlid |
Les fêtes religieuses dépendent de l'observation du croissant lunaire et peuvent glisser d'un jour par rapport à l'estimation astronomique. Le Mawlid est chômé 1 jour dans le secteur privé (2 jours dans la fonction publique uniquement). Confirmez la date définitive à l'approche de l'événement — pour le Mawlid 2026, autour du 14 août, donc avant la paie d'août.
Ce que dit précisément le Code du travail
1. Interdiction de travailler, sauf fonctionnement continu (Art. 217, 223)
Il est interdit à l'employeur d'occuper ses salariés pendant les jours de fêtes payés et les jours fériés. Exception de l'article 223 : les établissements dont le fonctionnement est nécessairement continu en raison de la nature de leur activité, ou qui ont adopté le repos hebdomadaire par roulement, peuvent maintenir l'activité — de même que le commerce alimentaire de détail, les cafés, restaurants, hôtels et établissements de spectacles.
2. Aucune réduction de salaire pour le salarié mensualisé (Art. 221)
C'est la règle la plus structurante pour la paie. Lorsque le salaire est fixé forfaitairement à la semaine, à la quinzaine ou au mois, la rémunération ne peut faire l'objet d'aucune réduction du fait du chômage d'un jour férié — même lorsque ce jour n'est pas déclaré rémunéré. Un salarié mensualisé à 8 000 MAD perçoit 8 000 MAD le mois de la Fête du Trône, sans proratisation.
3. Éligibilité et indemnité du salarié non mensualisé (Art. 219, 220)
Le salarié a droit au repos du jour de fête payé s'il était occupé immédiatement avant ce jour, ou durant les treize jours du mois qui le précède. Pour le salarié payé à la tâche, au rendement ou à la pièce, l'indemnité est égale au vingt-sixième de la rémunération perçue pour les vingt-six jours de travail effectif précédant immédiatement le jour férié.
4. Le férié qui tombe sur un repos par roulement (Art. 222)
Lorsque le repos du jour férié coïncide avec le jour de repos hebdomadaire obtenu par roulement, l'employeur doit verser une indemnité pour cette journée dans les conditions de l'article 219. C'est un point régulièrement omis dans les organisations en équipes tournantes.
5. Travail effectif un jour férié : 200 %, ou repos compensateur (Art. 224, 225)
Dans les cas de l'article 223, le salarié qui travaille un jour férié perçoit, outre le salaire correspondant au travail effectué, une indemnité supplémentaire égale à ce salaire — soit un paiement à 200 %. Par accord entre l'employeur et le salarié, cette indemnité supplémentaire peut être remplacée par un repos compensateur payé (Art. 225). Les salariés rémunérés au pourboire bénéficient d'un repos compensateur payé d'une journée, qui s'ajoute au congé annuel.
6. Le férié pendant un congé annuel payé (Art. 235, 236)
La règle la moins bien appliquée. La durée du congé annuel payé est augmentée d'autant de jours qu'il y a de jours de fêtes payés et de jours fériés pendant la période du congé. L'article 236 le confirme : les « jours de travail effectif » sont les jours autres que les repos hebdomadaires et les jours fériés chômés. Autrement dit, un férié tombant dans un congé ne se décompte pas du solde — il prolonge le congé.
Sanctions (Art. 226, 230) : faire travailler un salarié en violation de l'article 217 oblige à verser, en sus du salaire de la journée, une indemnité égale à 100 % de ce salaire. L'amende prévue par l'article 230 est de 300 à 500 MAD, appliquée autant de fois qu'il y a de salariés concernés, dans la limite globale de 20 000 MAD.
Le calendrier des fériés est un référentiel de paie, pas un affichage
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Les six règles ci-dessus ont un point commun : elles reposent toutes sur une même donnée en amont — la liste des jours qui sont fériés pour cette société, cette année-là. Cette liste alimente ensuite, en cascade :
- le nombre de jours ouvrables du mois, donc le dénominateur de toute proratisation (entrée, sortie, absence non rémunérée) ;
- le décompte du solde de congés, via la règle de l'article 235 ;
- la lecture des feuilles de temps et des plannings, où un férié ne doit pas être attendu comme un jour de présence ;
- le calendrier consulté par le salarié lui-même dans son espace.
Quand cette liste est saisie à plusieurs endroits — un tableau pour le planning, un autre pour la paie, un troisième dans un fichier Excel de congés — les trois divergent tôt ou tard. Et la divergence ne se signale pas : elle se traduit par un dénominateur de proratisation décalé de un ou deux jours. Sur un mois de 26 jours ouvrables, deux jours d'écart représentent près de 8 % du calcul, mois après mois, sur tous les salariés concernés.
Comment AJIEL traite les jours fériés
Le principe de conception est simple : un seul point de résolution du calendrier, consommé par tous les modules. Le planning, la feuille de temps, le calendrier de temps de travail du salarié, la proratisation de paie et le décompte de congés interrogent la même source. Il n'existe pas de « calendrier de la paie » distinct du « calendrier des congés » : corriger une date la corrige partout.
Concrètement :
- Le calendrier marocain est livré et maintenu par défaut. Les fêtes civiles à date fixe sont paramétrées une fois ; les fêtes religieuses, dont la date bouge chaque année, sont mises à jour annuellement — y compris la correction d'une date confirmée tardivement par l'observation lunaire. Aucune saisie n'est demandée au client pour le cas standard.
- Un jour férié n'est pas un jour travaillé. Le moteur de temps exclut la date de l'assiette des jours ouvrables : la proratisation et les retenues s'appuient sur le calendrier réel, pas sur un mois théorique.
- L'article 235 s'applique par construction. Selon la règle de décompte retenue pour le congé (jours ouvrés ou jours ouvrables), un férié tombant dans la période de congé n'est pas décompté du solde. La règle n'est pas un traitement manuel à ne pas oublier — c'est le comportement par défaut du décompte.
- Le salarié voit le même calendrier que la paie. Les fériés apparaissent sur le planning, sur la grille de feuille de temps et dans l'espace employé, à partir de la même liste que celle qui alimente le bulletin.
Un calendrier différent par société : le cas des centres d'appels
Reste un cas que le calendrier national ne couvre pas, et qui est courant dans un secteur précis : les centres d'appels et l'externalisation de services (BPO).
Une société de ce secteur opère souvent des plateaux dédiés à des clients étrangers — français, le plus souvent. L'activité suit alors le rythme du donneur d'ordre : le plateau est armé les jours où le client travaille, et s'arrête les jours où il ferme. En pratique, l'organisation se cale sur le calendrier français des jours fériés, qui ne recoupe le calendrier marocain que partiellement.
La difficulté n'est pas seulement le décalage des dates. C'est que ce décalage est propre à une société du groupe : la même entreprise détient fréquemment plusieurs entités, dont certaines opèrent sur le marché local, avec des salariés sur le calendrier marocain, et d'autres sur des plateaux offshore. Un réglage global — « ce client est en France » — serait faux pour la moitié des sociétés.
C'est exactement le découpage retenu dans AJIEL. Le calendrier des jours fériés est un paramètre de société, pas de compte client :
- Par défaut, une société hérite du calendrier marocain, sans rien avoir à faire.
- Un interrupteur « calendrier de jours fériés personnalisé », activable société par société depuis l'administration RH, bascule cette société — et elle seule — sur sa propre liste.
- La société active tient alors sa liste : ajout, modification, suppression, avec la distinction entre jours à date fixe (paramétrés une fois) et jours à date mobile (une ligne par année).
- Les sociétés sœurs du même compte restent sur le calendrier marocain, sans aucun effet de bord.
- Cette liste est maintenue par le client, dans l'application : c'est lui qui connaît ses plateaux et ses engagements, et il n'a pas à passer par un ticket pour ajuster une date.
Et parce que le calendrier est résolu en un seul point, la bascule est cohérente immédiatement : le planning, les feuilles de temps, l'espace salarié et la proratisation de paie de cette société utilisent tous, dès l'activation, le calendrier retenu.
Une précision juridique nécessaire. Aligner le calendrier opérationnel d'un plateau sur celui d'un client étranger ne dispense pas l'employeur de ses obligations au titre du Code du travail marocain pour des salariés en contrat marocain. Le maintien de l'activité un jour férié marocain relève du régime de l'article 223, et ouvre droit selon les cas à l'indemnité de l'article 224 (200 %) ou au repos compensateur de l'article 225 — le cas du roulement restant régi par l'article 222. Le paramétrage doit refléter une organisation juridiquement valide ; il n'en tient pas lieu. En cas de doute sur votre régime, faites valider l'organisation retenue avant de la paramétrer.
Le piège d'un calendrier personnalisé incomplet
Un calendrier propre à une société introduit un risque qu'il faut nommer : s'il est vide ou incomplet pour l'année en cours, les jours anciennement fériés redeviennent des jours travaillés aux yeux du moteur de temps. L'effet est le même que précédemment, mais inversé — et toujours silencieux.
Deux garde-fous valent d'être connus, l'un produit, l'autre organisationnel :
- Lorsqu'une société est basculée en calendrier personnalisé mais n'a encore saisi aucune date pour l'année, le système ne travaille pas sur un calendrier vide : il retombe sur les jours fériés par défaut plutôt que de perdre l'ensemble des fériés. La bascule ne peut pas, à elle seule, casser la proratisation.
- Les jours à date mobile — fêtes religieuses au Maroc, Pâques ou Pentecôte dans un calendrier européen — exigent une ligne par année. C'est le point de contrôle annuel à inscrire dans votre routine : une revue du calendrier de chaque société en début d'exercice, avant la première paie.
Ce qu'il faut vérifier dans votre propre paie
Quatre contrôles, faisables sur le bulletin de juillet :
- Un salarié mensualisé présent tout le mois perçoit-il exactement son salaire de base, sans ligne de retenue liée au 30 juillet ? (Art. 221)
- Un salarié en congé annuel couvrant le 30 juillet : son solde a-t-il été débité de la journée du férié, ou le congé a-t-il été prolongé d'un jour ? (Art. 235)
- Un salarié ayant travaillé le 30 juillet en fonctionnement continu : la journée est-elle payée à 200 %, ou un repos compensateur est-il tracé ? (Art. 224, 225)
- Un salarié dont le repos par roulement tombait le 30 juillet : l'indemnité de l'article 222 a-t-elle été versée ?
Si l'un de ces quatre contrôles ne peut pas être répondu depuis votre outil, c'est le signe que le calendrier des fériés n'est pas un référentiel unique chez vous, mais une donnée recopiée. AJIEL gère la RH & Paie marocaine avec un calendrier de jours fériés résolu en un seul point, maintenu par défaut, et personnalisable par société lorsque l'activité l'exige. Pour en discuter sur votre organisation, la gestion des temps et la gestion des congés détaillent le fonctionnement, et une démonstration peut être planifiée.
Bonne Fête du Trône.
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